L'appartement n°48,
un appartement de suite sous le Second Empire

Très soucieux de rendre plus sensibles aux enfants les conditions d’existence à la cour, le château a décidé de leur consacrer un appartement de suite et de le réaménager pour un usage pédagogique. Cette proposition permet d’offrir aux élèves et aux enseignants un lieu complémentaire de la visite des Grands Appartements.

L’appartement 48

1530 pièces recensées, 16000 objets mobiliers au moins ! Le visiteur qui pénètre dans les Grands Appartements ne voit que les espaces et les œuvres majeurs. En réalité, il ne découvre que 20% environ des ressources du château. Sous le Premier Empire, on ne comptait pas moins de 638 appartements de maîtres et de suite hors appartements impériaux, princiers et de grands officiers, afin d'accueillir la cour.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’empereur Napoléon III et son épouse ne s’entourent plus, pendant l’été, que de familiers. Comme dans un immense hôtel, le service du Grand Maréchal du palais distribue les suites ou les chambres qui sont attribuées à chacun pour la durée du séjour. L'appartement 48 se compose d’une chambre, avec garde-robe et cabinet de toilette, et d’un salon.

Sa structure et son décor, un papier peint à motif floral bleu, en font un bon exemple d’un logement de l’époque du Second Empire. Cette période est donc privilégiée dans l’ameublement proposé restitué d’après l’inventaire très précis réalisé en 1855.

L’ameublement

L’entrée s’effectue par la porte à double battant du salon. Là, autrefois, une causeuse et un fauteuil confortable avec son tabouret de pied permettaient aux résidents de se détendre devant la cheminée dont le manteau s’ornait d’une pendule de Raingo frères. Un bureau en acajou attendait la rédaction des courriers, le traitement de quelque affaire. Le service de cour fournissait même le plumier, en maroquin rouge estampillé « Fontainebleau », et l’encrier de porcelaine.

Il ne manque plus que le tapis de pied en « moquette fond brun dessin fleurs cramoisies » pour recouvrir le sol. Cette moquette réchauffait également la chambre à coucher. Avec les fleurs bleues du papier peint, la confrontation devait être saisissante !

Passant dans la chambre à coucher, les enfants découvrent la pièce avec son alcôve isolée du froid par ses rideaux. A l’intérieur, est placé un beau lit Empire flanqué de sa table de nuit en acajou avec son pot de chambre, son carafon « de fleur d’orange », son bougeoir et ses éteignoirs. Fauteuil confortable, chaises, commode anglaise et guéridon meublent le reste de l’espace conformément à l’inventaire. Un écran de cheminée isole des courants d’air venant du conduit et un coffre à bois, une pelle et des pincettes complètent l’équipement de chauffage.

Dans la dernière pièce, le cabinet de garde-robe, sont placés un siège hygiénique, un bidet et un séchoir à serviettes. Comme sous le Second Empire, sur la table de toilette sont posés un miroir portatif et une garniture en porcelaine de Sèvres. Un bassin à pied parachève le tout. Des malles laissent aux enfants le soin de s’interroger sur leur contenu.

Enfin n’oublions pas que dans chaque pièce on trouvait des cordons de sonnette. Il y en avait même trois dans la chambre à coucher !

Le projet pédagogique

En s’immergeant dans le lieu, en observant, en ouvrant portes et tiroirs, en se posant des questions sur la disposition des pièces, leur usage, leur mobilier, les éléments qu’il renferme, les enfants pourront aborder un certain nombre de pistes sur les conditions d’habitat dans le passé (éclairage, chauffage, hygiène, intimité….) et prendre conscience des contingences matérielles au milieu du XIXe siècle.

Ils pourront également réfléchir sur la société de cour et sa hiérarchie (nobles de sang, nobles de province, officiers du royaume, domesticité proche, laquais, porteurs d’eau, de bois, etc), sur le mobilier et le décor, sur le quotidien de la vie de cour, etc.

Cette visite doit compléter celle des Grands Appartements afin de mieux mettre en lumière les différences sociales et hiérarchiques, les différences entre un appartement princier et un appartement de suite.


La restauration de l'appartement n°48 a été possible grâce au mécénat du Crédit Agricole.





La Société des Amis & Mécènes du Château de Fontainebleau I crédit photos I Legal